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Occulter de sa mémoire ses plus mauvais souvenirs, effacer de son cerveau toutes les situations embarrassantes et autres humiliations… non ce n’est plus de la science fiction.

D’après sa récente étude réalisé par Marijn Kroes, un neuro-scientifique de la Radboud University Nijmegen (Pays-Bas), gérer sa mémoire est tout à fait possible.

La thérapie par électrochocs ou électroconvulsivothérapie (ECT) 

Publiée dans le journal Nature Neuroscience, l’expérience a été menée sur 42 personnes souffrant de dépression sévère.

Pour commencer, deux diaporamas ont été montrés aux patients. L’un relatant l’histoire d’un jeune garçon tué par une voiture et l’autre racontant une agression. Une semaine après, l’un de ces deux diaporamas leur a à nouveau été montrée.

Ensuite, les 42 volontaires ont été divisés en trois groupes, précise le Time. Le premier a été traité par électrochocs avant d’être soumis à un questionnaire à choix multiples immédiatement après. Le second a lui aussi reçu des électrochocs, mais n’a répondu au test que 24 heures après. Quant au troisième, il n’a subi aucun traitement avant d’être lui aussi soumis au QCM.

Résultat: si les patients, issus du premier et du troisième groupe, se rappellent parfaitement les deux histoires, ce n’est pas le cas des gens du deuxième. Ceux-ci se rappellent bien du diaporama qu’ils n’ont vu qu’une seule fois. En revanche, impossible pour eux de se rappeler l’histoire qui leur a été montrée une deuxième fois juste avant de recevoir les électrochocs.

Une étude prometteuse, mais qui pose un problèmes éthiques

Selon Marijn Kroes et son équipe, cette expérience montre que le processus de stockage de la mémoire pourrait être altéré par l’électricité.

Cependant pour Marijn Kroes, l’ECT n’a pas vocation à devenir une solution miracle, mais une piste qui à long terme pourrait aider à trouver des remèdes moins invasifs. « La capacité d’altérer de façon permanente ce type de souvenirs peut mener à des traitements nouveaux et meilleurs. » a-t-il déclaré au site Nature.com.

D’autres scientifiques eux s’interrogent sur la nécessité de développer cette méthode. Pour Hank Greely de l’université de Stanford, changer ainsi la mémoire peut être aussi utile que dangereux. « Qu’est-ce qui se passerait si nous effacions tous les souvenirs de l’Holocaust? Ça serait terrible, affirme-t-il au Time, d’un autre côté, la souffrance causée par certains souvenirs est vraiment très forte, et je voudrais permettre aux gens qui le veulent de soulager cette souffrance. »

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